Le suspense croît à mesure que se creuse l’incertitude: qui sont donc en Allemagne les nouveaux utilisateurs primaires de la bande de fréquences 470-694 MHz traditionnellement réservée à la culture et aux médias? L’initiative prise par Rebecca Lenhard, députée (Les Verts) au Bundestag, de poser une question écrite est certes louable, mais la réponse n’a fait qu’ajouter à la confusion. Le gouvernement a en effet répondu sous le sceau de la confidentialité; la députée n’a pu prendre connaissance de cette réplique que dans l’enceinte du bureau du Bundestag consacré aux informations sensibles dont l’accès est interdit aux professionnels de la culture, aux ingénieurs du son et aux organisateurs de concerts publics.
L’organe spécialisé “Policy Tracker” titrait ainsi son interview avec le porte-parole de “SOS – Save Our Spectrum” Jochen Zenthöfer: “En Allemagne, les utilisateurs de PMSE maintenus dans l’expectative quant à l’usage de la bande UHF à des fins militaires.”
https://www.policytracker.com/germanys-pmse-users-uncertain-about-military-use-of-uhf-band/
La Bundesnetzagentur esquisse certes un semblant d’ouverture dans sa réponse à “Frag den Staat” (“Interrogez l’Etat”); et recourt pour la première fois à l’expression “usage militaire des fréquences”, comme en témoigne l’extrait ci-dessous:
“[…] En outre, la Clause 3 d’Usage National concerne les bandes de fréquences susmentionnées, ce qui permet l’utilisation de fréquences individualisées à des fins militaires. Ni le décret sur les fréquences ni le plan de fréquences ne précise une quelconque classification primaire ou secondaire des allocations en cause. La Bundesnetzagentur n’est pas habilitée à publier les détails de l’utilisation militaire de fréquences en vertu de la Clause 3. […]”
https://fragdenstaat.de/anfrage/frequenznutzer/#nachricht-1146008
Faut-il en déduire que le secret est levé? Pas exactement. Faute de précisions, il est notamment impossible de comprendre si les contingents étrangers, par exemple américains, stationnés en Allemagne sont inclus dans l’expression “usage militaire”. Impossible également de savoir où et quand l’armée fait usage de ses moyens de transmission. Nul ne dispose d’un point de contact avec la Bundeswehr auquel adresser d’éventuelles demandes de coordination. Toutes ces incertitudes sont également relevées par “Frequenzinitiative 71” (“Initiative 71 pour les fréquences”). https://fragdenstaat.de/anfrage/frequenznutzer/#nachricht-1146008
Ni la Bundeswehr ni l’OTAN ne doivent parachever leur posture de défense aux dépens des organismes culturels sans engager le dialogue avec ces derniers! “SOS Save Our Spectrum”, l’APWPT et d’autres structures partageant ces préoccupations montent la garde. Notre voix compte!